Parfois

Parfois c’est doux et soyeux,
Épousant les contours parfaitement,
Glissant sensuellement sur les formes,
Prolongeant de part en part, embrassant tendrement.
La chaleur et l’humidité installant le confort,
La chair confondante, la matière organique.
On ne distingue pas vraiment, c’est flou
Mais on ressent, simple, facile, tranquillement.

Parfois c’est aiguisé et tranchant,
Sec et rapide, net et blessant.
Se mouvant par à-coups, brusques,
Crissant et hurlant, coupant sournoisement,
Etouffant de violence, pressurant le malaise.
Le métal froid et poli, insinuant le danger,
On se sent apeuré, attendant chaque fois que le couperet tombe,
On ne peut rien prévoir vraiment, juste attendre et s’adapter.

Parfois c’est lourd et inhumain,
Écrasant par son poids, méchamment
Sans s’occuper des détails, c’est juste agressif.
Pesant en masse sur toute la surface,
C’est une percussion qui sans cesse revient à la charge.
C’est mécanique et sans autre but
Qu’appesantir et impressionner, bloquer en toutes voies.
Enfoui et emprisonné, il ne reste plus rien à espérer.