Les amants

Les amants ont toujours le même souffle,
Quand au bout de la nuit, ils s’arrachent à leurs rêves éperdus.
Ils ne demandent de trêve à personne,
Ils fuient, ils rient, ils jouissent comme l’automne.
Quand l’un ouvre la bouche,
C’est l’autre qui parle à sa place
Et même s’ils ne se regardent pas en face,
Ils savent pertinemment où se trouve leur déraison.
Les amants ont mille passions qui les unissent,
Dans un univers qui fourmillent de crépuscules,
Dans la liaison qui les laissent pantelants,
Ils s’abandonnent de trop s’aimer,
Ils s’idolâtrent et ils s’immolent,
Ils s’isolent pour se consoler.
Les amants, à peine séparés, ne peuvent se permettre
Alors il leur faut penser, il leur faut croire, espérer,
Pour une minute, pour une seconde,
Parcourir la terre, regarder vers les cieux.
Les magiciens de l’illusion jalousent souvent ceux
Qui parfont leur histoire sans contrefaçon,
Qui émerveillent sans le savoir, qui s’aiment sans obligation.
Dans le silence de la nuit,
Quelques trottoirs, quelques cris,
Puis le noir…
Les amants du désespoir secrètent et s’achèvent.
Absorbés par leurs pensées,
Les amants juste d’un soir s’amenuisent, se décorent,
Ils s’assoupissent puis s’endorment,
Dans le creux…