La gitane

Il y a cette gitane aux cheveux de cuivre
Qui tournoie et qui danse, qui m’invite à la suivre
Dans les recoins cachés de la passion amoureuse
Et avec le calme d’une tueuse,
Elle s’évertue à créer ma folie,
Quand elle m’entraîne, déroutante,
Vers les bas-fonds de mes envies.

Avec sa tendresse alarmante
C’est une sauvage meneuse de piste
Et qui se perd et qui m’éprend,
Je ne suis qu’un de plus sur sa liste
Et j’aimerais tant dans ses yeux
Voir parfois qu’elle me désire un peu.

Sensuelle image que d’observer sa grâce
Qui, d’une mielleuse féminité,
M’embrouille pour que je l’embrasse
Avant que je ne comprenne ma futilité.
Je me mettrais à nu si je devais passer devant son miroir,
J’oserais me mettre en confiance
Devant cette douce ingénue.

J’aimerais rivaliser de créativité
Quand me viennent des idées
À la vue de son grain de peau ;
Il y a des endroits qui devinent
Des emplacements perdus
Où des vallées demeurent encore vierges.

Avec sa couleur brune,
Il y a entre ses épaules
Des déserts que je voudrais traverser
Et en curieux aventurier,
Je voudrais pouvoir m’étendre,
Escalader, m’éprendre et croire que je suis un pionnier
Car ses cambrures souples, ses formes malignes
M’appellent à quelque chose de beaucoup plus pur
Que ce que les gens décrivent l’Enfer.

Au bas d’une crique, entre ses omoplates,
J’aimerais me noyer dans les chutes
Où tombe la chevelure cuivrée de cette gitane écarlate.