Cocaïne (suite)

Les premiers temps, je mentais
Quand je disais que ça ne me préoccupait pas,
Mais toute la semaine c’est à toi que je pensais,
Attendant fébrile pour pouvoir se justifier et fêter,
Priant le temps d’accélérer la distance,
Ce fameux soir où j’allais pouvoir te retrouver,
Enfin me retrouver dans tes bras.
Sans toi je ne suis plus rien, maintenant.
À cause de toi je ne suis plus rien de décent.
D’une fois, de temps en temps, tu passes toutes mes libertés,
D’occasionnelle, tu deviens ma régulière, fusionnelle,
Jusqu’au jour où, c’est tous les jours.
Tu me fixes quand je te dose
Mais tu m’écoeures quand je ne sens plus rien :
Seulement ma lente déperdition,
Le même cauchemar qui chaque fois recommence,
Seulement ma courageuse descente en Enfer
Dès que tu t’absentes un peu.
Je tombe, je tombe lâchement, je tombe à terre,
Plus bas même, je tombe amoureux.
Quand donc te décideras-tu à quitter mon organisme ?
Juste de passage, au début, je voulais que tu sois,
Mais tu n’en fais qu’à ta tête, tu ne m’écoutes pas.
Tu es ma plus fidèle alliée, ma courtisane, ma préférée,
Tu es ma confidente en qui je jouis de puissance, devant qui je pleure,
Qui de nous deux tient le plus à l’autre ?
Qui de nous d’eux est le plus drogué ?
À longueur de temps, j’ai besoin de ça,
Je ne peux plus me passer de toi,
Tu coules dans mes veines, tu occupes mon esprit,
C’est par les tripes que tu me prends.
Un jour, j’essaierai de te remplacer par l’habitude
Mais la poudre blanche ne me donnera jamais sommeil,
Je sais que c’est vers toi que je reviendrai
Parce que, comme moi, tu sais qu’on ne quitte une substance
Que pour une autre addiction,
C’est ça la loi malheureuse de l’affliction.