Accès refusé

Il n’y a qu’en silence que j’ai droit de t’aimer,
Te désirer et souffrir, faire pénitence.
Il n’y a qu’avec mes yeux que je peux te toucher,
Te voir et rêver, être heureux.
Je ne peux pas vraiment te parler,
Ressentir ton parfum en toute légitimité,
Te frôler et tout ce que ça compense,
Perdre mon âme le long de tes épaules
Et dans ta nuque, je suis un renégat,
Je ne peux pas…
Sais-tu combien je brûle,
Combien je brûle pour toi ?
Mes mains ont honte de ce qu’elles ne peuvent espérer,
De ce qu’elles ne peuvent prétendre,
Mes yeux n’osent pas profiter de ton sourire,
Ta présence m’attise tellement,
À quelques millimètres seulement,
Te sentir là, près de moi,
Là où je n’ai pas le droit.
La plage n’attend que je dégueule mes sentiments,
Que je déborde d’honnêteté,
Que je crache tout ce que je ressens mais
L’océan n’aura jamais assez de larmes
Pour rivaliser avec toute la tristesse que je contiens.
Jusqu’à quel point pourrai-je supporter
En d’atroces possibilités de t’aimer sans rien dire,
Sans rien faire, juste me taire sans oser ?
Jusqu’à quel point mon respect sera silencieux
Face à mon instinct ?
Quand avouerai-je quand je supplie dès maintenant ?
Je voudrais mourir, me noyer dans tes cheveux,
Tu ne sais pas, tu ignores, tu fais semblant
Pour m’achever un peu plus vite,
Pour correspondre à tes idées,
Suivre quelques pas dans la neige.
Il n’y a que dans mon sommeil
Que je peux me réveiller,
Te dire… te dire que je t’aime
Et te raconter, pouvoir dans ton espace évoluer,
Me perdre sur ton grain de peau,
Mais je n’y suis pas autorisé…